jocelyne robert

Jeunisme et femme mûre

Notre société, et particulièrement les médias, s'ancrent fortement dans une idéologie "jeuniste" selon laquelle seules les femmes jeunes sont belles et désirables. Sous des airs libérés, on montre ainsi que l'idéologie judéo-chrétienne a bien fait son job: seule une sexualité potentiellement procréatrice est admissible… Certaines femmes, pétries de cette même idéologie, en viennent à se persuader qu'après un certain âge, on oublie la bagatelle. Pourtant, d'autres continuent à avoir des désirs érotiques, elles ne s'autocensurent pas et ne voient aucune raison de mettre un terme à leur vie sexuelle, passé le cap de la cinquantaine. Mais le décalage entre l'image qu'elles ont d'elles mêmes et l'image que leur renvoie  notre société les fait souffrir.

Du point de vue de la santé, la vie sexuelle est souhaitable tout le long de la route. Même s'il ne s'agit pas d'avoir à 70 ans la "drive sexuelle" de ses 20 ans. Avec la ménopause, la chute du taux d'oestrogène dans le sang entraîne des problèmes— moins de lubrification vaginale entre autres— auxquels on peut remédier par un traitement hormonal de substitution.  Il faut rappeler, une fois pour toutes, que la cessation du fonctionnement ovarien ne signe pas l'arrêt de mort du désir et de la jouissances érotiques. Au contraire, pour certaines, la ménopause est un véritable tremplin érotique.  Certaines se lancent alors  dans des entreprises de séduction nouvelles et développent un potentiel érotique qu'elles avaient jusque là négligé. 

La ménopause-alibi

Par ailleurs, plusieurs hommes autour de 50 ans, connaissent leurs premières dysfonctions érectiles. Certains trouvent cette situation insupportable, la vivent comme une perte de leur virilité, une fracture du moi et évitent désormais le rapprochement intime. Parfois, ils se servent de la ménopause de leur femme, comme alibi pour cesser toute vie sexuelle.

Les femmes peuvent en faire autant et utiliser l’alibi de leur ménopause  pour mettre une fin au partage érotique.  Cela arrive chez les celles qui ont subi la sexualité plutôt que de l'apprécier et d’en tirer plaisir et satisfaction

Le tournant de la cinquantaine

La cinquantaine peut être un cap difficile à passer pour les femmes. C’est souvent parce qu’elle ne se sent plus désirable (dans un univers hypersexuel composé de bimbos bling-bling) qu’elle perd contact avec son propre désir et avec sa capacité de séduction.

Si le mari ou l’amoureux semble ne plus la voir, s’il ne lui exprime plus son désir, si elle a le sentiment d’être une fée transformée en sorcière, si le nid est vide et qu’elle se sent, de surcroît, inutile , le danger  est grand qu’elle prenne alors des décisions risquées comme s’offrir la totale en chirurgie esthétique ou  aller vérifier ses charmes de l’autre côté de la clôture.  Ou encore qu’elle s’enfonce dans la dépression.

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