jocelyne robert

 Le Plus Nouvel Obs a publié une version de ce billet 

Changer de vie, changer d’homme, changer d’amour, je veux bien. Mais changer de nom, la seule chose qui nous enracine, qui nous construit, qui nous identifie, du début à la fin : jamais.

Cette réflexion sur le nom des femmes m’est revenue en tête, et en force, cette semaine, en lisant, ici et là sur Valérie Trierweiler, la nouvelle première dame française.  Chaque fois que je viens en France, j’ai le choc. Nom de Dieu, les femmes françaises vont-elles finir par avoir un nom propre ? Dame Trierweiler, Dame Hollande ou Valérie Massonneau : qui est la vraie ?

On appelle la nouvelle première dame de France, Valérie Trierweiler. Trierweiler, c’est son nom usuel. Son nom à elle, son vrai nom, son seul nom légitime, que personne ne connaît est Massonneau. Je ne sais d’elle que ce que j’ai vu dans les médias. Je la trouve sympathique. Journaliste, elle vient d’un milieu modeste. 5e d’une corbeille de six enfants,  père invalide de guerre, mère ouvreuse. Elle dit vouloir garder son indépendance en continuant, depuis l’Élysée, de travailler comme journaliste. Bravo.

Bravo oui,  mais… mais un instant. Elle parle d’autonomie, d’indépendance, d’égalité féminine et s’appelle Trierweiler. Elle porte le nom de l’homme dont elle s'est séparée il y a plusieurs années, son ex-mari ! Grosse question de différences culturelles sans doute: la Québécoise que je suis est flabergastée! 

Au pays de Simone de Beauvoir…

Peut-on imaginer autant d’antinomie? Et attendez, cela n’est pas tout,  les Français se demandent quand, et si, elle deviendra Madame Hollande, ce qui, selon plusieurs, légitimerait son titre de première Dame. Qu’on me pince. Je ne comprends rien à ces us et coutumes françaises, poussiéreuses et archaïques. Comment peut-on, au pays de Simone de Beauvoir, non seulement aliéner son nom en épousant un homme, mais conserver, une fois divorcée le nom de l’ex.  Cela dépasse tout entendement.

« Ce ne sont que des mots », me disent des amies, françaises et  féministes, qui portent, elles aussi, le nom de leur chéri ou de leur ex chéri. Et de justifier, «c’est pour avoir le même nom que nos enfants ».  Ce sont souvent les mêmes d’ailleurs qui défendent le bien fondé de la dérisoire appellation Mademoiselle.  Non seulement je connais des femmes françaises qui portent le nom d’un ex mari qu’elles ne peuvent pas blairer mais certaines prennent le nom du conjoint avec lequel elles vivent en union libre pour avoir l’air de l’être, mariée ! Si cela n’est pas de l’asservissement, si inconscient puisse-t-il être, je me demande bien ce que c’est !

Peut-on être un être humain à part entière, libre et digne en choisissant de renier son nom, en usurpant celui d’un autre? Et pourquoi donc? Pour se donner une existence en plus? Pour se donner de la valeur? Parce qu’on aime être reconnue comme la chose d’untel? Le pire, l'expression « nom de jeune fille » est, me dit-on, reconnue ici en France comme étant source de sexisme. Évidemment que cela est sexiste puisque n’existe pas le « nom de jeune homme ».  Cela dit, il est encore bien plus sexiste de se faire croire que le nom de « femme mariée» est moins sexiste  alors que le mariage n’a  AUCUNE incidence légale sur le nom des époux et qu’il n’est qu’une coutume confirmant un phallocentrisme millénaire : l’appropriation de la femme par l’homme avec le mariage.

La réalité

En France
La personne, femme ou homme, n’a qu’un nom officiel qu’elle conserve jusqu’à la mort. Les actes officiels sont obligatoirement effectués sous le vrai nom (de naissance). Certaines administrations françaises procèdent systématiquement au changement de nom de la femme après le mariage, alors que la législation ne leur octroie pas ce pouvoir. Légalement, le mariage n'est pas une raison admissible pour un tel changement. Bon nombre d'hommes et de femmes prennent cet usage pour une obligation. C’est en raison de cet usage, qu’encore aujourd'hui, le langage courant utilise « nom de jeune fille » pour désigner le nom de naissance d'une femme mariée.

En Belgique
En Belgique, l'usage est, ou a été, similaire à celui de la France. Là non plus, le nom d'épouse n'a pas la moindre existence administrative. Tout document administratif insiste sur l'usage exclusif du nom « de jeune fille ».

Au Québec
Depuis l'adoption d'une loi pour promouvoir l'égalité des sexes suivant la Charte des droits et libertés de la personne (de la personne oui, et non de l’homme) de 1976, aucun changement ne peut être fait au nom d'une personne sans l'autorisation du Registre de l'état civil. Le mariage n'étant pas une raison admissible pour un tel changement, les femmes conservent leur nom.  Quant aux enfants, ils portent soit le nom du père, soit celui de la mère, soit les deux noms (le plus fréquent).

Dans les pays de Common Law
En Angleterre et dans d'autres pays de common law, les femmes mariées prennent le nom de leur mari sans procédure juridique spécifique. Là encore elles suivent le troupeau puisque ce nom d’alliance n’est que nom d'usage qui n'efface pas le nom naissance, considéré comme le seul « véritable ».

Juridiquement, partout dans le monde, le nom légal d’une personne est le nom reçu à la naissance. Tout le reste est folklore, habitude bien ancrée et… asservissement inconscient.

Quant à l’argument de l’engagement affectif

Quant à l'argument de l'engagement affectif pour justifier d'adopter le nom du bien-aimé, il est nul et lui aussi sexiste puisqu'unilatéral. Une coutume égalitaire et sympathique commanderait que femme et homme ajoutent le nom de l’autre au sien. Reprenons l’exemple de François et Valérie. Un témoignage public de leur alliance affective ferait de François Hollande, François Hollande-Massonneau et de Valérie Massonneau, Valérie Massonneau-Hollande. Cela ne changeant que dalle à leur nom légal respectif officiel: François Hollande et Valérie Massonneau.

On ne me fera pas croire qu’on puisse changer de nom comme on change de chemise (ou de mari) une fois, deux fois ou trois fois dans sa vie sans que cela n’ait d’impact identitaire !

On ne peut pas être un être humain égal, en sexe et en droit, et du même souffle usurper le nom d’un autre pour se donner de la valeur… Un peu comme le zéro reçoit la sienne du chiffre qui le précède.

P.s.: Je sais bien qu'il y a des exceptions. La plupart du temps, des femmes qui se sont fait un nom avant de se marier.

 

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56 commentaires

  • Commentaire de Jenna — 17 mai 2012 à 4 h 12 min

    Bonjour Dydier Defaye, Merci de m’informer que parmi vos proches, il y a des femmes qui ont pu reprendre leur nom de jeune fille sans que le divorce ne soit prononcé. Pour ma part, que ce soit l’avocat ou mon conseiller bancaire, ils m’ont tous les deux donné la même réponse et pourtant on fait des déclarations d’impôt séparées depuis l’année dernière et on n’a pas de bien commun, ni des enfants ensemble ! Après votre témoignage, je ne comprends pas pourquoi on m’a donné une réponse différente alors qu’il est possible de faire autrement, surtout de la part de mon avocat !! Est-ce une question de délai, ou est-ce le fait que mon époux et moi ne sommes pas séparés juridiquement pour le moment ? Le rendez-vous avec la juge pour le divorce est fixé pour le mois prochain et c’est même pas sûr que la juge puisse prononcer le divorce. Pouvez-vous me dire quelle est la procédure que vos proches ont suivie pour retrouver leur nom de jeune fille sans être divorcées ? Vous me rendrez un grand service, merci d’avance.

  • Commentaire de Jocelyne Robert — 12 mai 2012 à 2 h 49 min

    😉

  • Commentaire de Isidore Wasungu — 11 mai 2012 à 23 h 29 min

    Délicieux!

  • Commentaire de Lise — 10 mai 2012 à 15 h 23 min

    Tout comme Renée, à ma naissance, on m’a donnée le nom de mon père mais lorsque je me suis mariée en 1970, j’ai perdu mon nom pour celui de mon mari…Ce n’est qu’en 1982 après un divorce , que j’ai retrouvé mon nom…Et surprise !!! en l’année 2000, lors de mon second mariage, voilà que les gens de mon village m’appelle Madame Pierre…et cela au Québec…situation pire qu’en 1970 puisqu’on m’interpelle du prénom de mon mari…
    Tout un recul…mais ne vous en faîtes pas car je sais m’affirmer et me présenter sous mon nom véritable.
    Lise D.

  • Commentaire de Jocelyne Robert — 10 mai 2012 à 8 h 50 min

    Merci Mario. Je ne m’attendais pas à ce que ce sujet fasse tant de bruit j’avoue. Comme je suis à Paris, il m’a été inspiré par Martine Aubry et Valérie Trierweiler (la chérie de Hollande 🙂 qu’on voit partout ces jours-ci et qui portent le nom de leur ex. Sur le Nouvel Obs Plus, il marche très fort et je m’attendais à bien plus de trolls et de réactions négatives… http://leplus.nouvelobs.com/contribution/548367-valerie-trierweiler-future-hollande-ces-francaises-qui-changent-de-nom-comme-de-mari.html

  • Commentaire de Mario Bellavance — 10 mai 2012 à 7 h 59 min

    Chère Jocelyne, quel sujet! La consécration, quoi? Ta pause t’a été salutaire. Le débat est lancé. Le sujet est chaud. Je me rappelle la période des années 60 où enfant, j’écoutais avec appréhension en haut des marches de l’escalier, une discussion entre adultes sur le retour au travail de maman. Que de chemin depuis… La femme est maintenant émancipée? En France, elle doit encore se battre pour conserver son identité. L’aurions-nous cru? Félicitations Jocelyne pour mettre sous le projecteur cet anachronisme de l’Histoire. Le président Hollande veut incarner le changement. Bienvenue dans ma cour!!!

  • Commentaire de Jocelyne Robert — 10 mai 2012 à 8 h 44 min

    Merci! L’auteur de cet article aurait pu, il me semble, au moins mentionner qu’il s’était inspiré de mon billet dans le Nouvel Obs Plus . Enfin…

  • Commentaire de Catherine — 10 mai 2012 à 5 h 37 min

    Voici un lien vers un article paru aujourd’hui dans un journal belge et qui parle de la situation chez nous :
    http://www.lavenir.net/article/detail.aspx?articleid=DMF20120510_00157099&utm_source=lavenir&utm_medium=newsletter&utm_campaign=daily&utm_content=general-news&ID=17327&POSTALCODE=1470

  • Commentaire de Diane Duval — 9 mai 2012 à 21 h 15 min

    Bonsoir chère Jocelyne,
    lorsque je me suis mariée, il y a mille ans!Je croyais que la loi nous obligeais à « prendre » le nom du conjoint et comme au contraire de ces futures mariées que je connaissais,je ne voyais pas ce changement comme un cadeau, j’ai décidé de continuer à m’appeler et me faire appeler par mon nom. Il n’y a que pour les écrits qu’on devait respecter la loi que je transgressais un peu en écrivant les 2 noms mais ça passait. Mais un jour j’ai échangé mon chèque sans ajouter le nom « masculin » du couple et à ma grande surprise il a passé,et cela il y a plus de trente ans!J’ai donc changé toutes mes cartes sans frais évidemment et je n’ai donc écrit qu’une couple d’années ce nom « adoptif »! Ce qu’on nous a fait croire comme une loi alors, ce n’était qu’une coutume donc purement du sexisme,puisque étant une autre des appatenances à l’autre en portant son nom! On aurait dû nous laisser le choix, j’ai fait ce choix qui me convient, d’autres non, pour moi mon nom fait partie de ma personne. Même mon prénom je ne veux pas le changer,sauf quand il est précédé d’un petit mot de tendresse doux et chaud!
    Je termine par ceci je n’accepte plus qu’on me demande chez le médecin par exemple: Est-votre nom de fille? Je leur répond oui et depuis une centaine d’année!Dire que nos mères n’avaient même pas de prénom: Elle s’appelaient Mme Steven Harper…oups ce n’est qu’un exemple, rien de méchant!
    Vive la complicité,le respect, l’autonomie des couples qui sonne: Amour

  • Commentaire de Renée — 9 mai 2012 à 20 h 23 min

    Quand je suis née , on m’a donné le nom de famille de mon père.
    En plus j’avais un prénom, Renée avec un e
    J’ai grandi en traînant mon e
    Et puis , je suis devenue une mature…je mariai un gars; mon nom de fille est devenu un nom de femme; Eecore le nom de mon père, rien contre
    La femme a eu deux enfants et a compris qu’il fallait leur donner un nom simple, non composé.
    Une façon de dire aux enfants qui est le père génétique.

  • Commentaire de Jocelyne Robert — 9 mai 2012 à 18 h 16 min

    Il  y a sans doute des question administratives qui entre en ligne de compte pour Jenna.  Mais j'ai entendu des récits semblables plus d'une fois…

    Cela est INADMISSIBLE. 

  • Commentaire de Dydier Defaye — 9 mai 2012 à 18 h 14 min

    @Jenna bizarre mon beau-père à quitter ma mère il y a plusieurs années ma mère n’a jamais divorcé mais n’a eu aucun problème pour reprendre son nom il y a 3 ou 4 ans les beaux parents de mon frère ce sont séparés ils n’ont jamais divorcé pas de problème non plus pour reprendre son nom de naissance.

  • Commentaire de Jocelyne Robert — 9 mai 2012 à 18 h 14 min

    Merci Jenna de votre témoignage. Je trouve que ce vous vivez est inadmissible, énorme, bouleversant. Je vous souhaite du courage . On va finir, je l'espère par faire bouger les choses. Dans cet esprit, je vous demande un petit service. Ce billet a été publié aussi sur le Nouvel Obs Plus qui est surtout lu, et BEAUCOUP lu, par des Français et Françaises. Je crois que vous devriez y déposer votre commentaire. Sait-on jamais, pierre par pierre, on finira peut-être par faire bouger la montagne française… Si vous êtes d'accord, voicile lien : bit.ly/JvEMQQ Merci !!!

  • Commentaire de Jenna — 9 mai 2012 à 18 h 00 min

    Merci Madame de parler enfin de ce sujet de nom d’épouse chez les femmes en France. Moi même, je porte le nom de mon époux, hors cela fait deux ans depuis qu’il est parti en Thaïlande sans me libérer du lien du mariage. J’ai lancé une procédure de divorce et demandé à l’avocat si je pouvais reprendre mon nom de jeune fille dès à présent et ne pas attendre que je sois divorcée, il m’a répondu que ça n’est pas possible !!! Même pour mon compte bancaire personnel, j’ai demandé à ma banque de retirer mon nom d’épouse de mon compte personnel, ils m’ont répondu qu’il fallait attende le divorce !!! C’est révoltant d’être obligée de porter le nom d’un époux qui n’assume aucun devoir d’époux depuis deux ans, alors que moi en tant qu’épouse, je suis obligée de continuer à porter son nom et n’ai pas le droit de reprendre mon nom de jeune fille tant que le divorce n’est pas prononcé. Je ne comprends vraiment pas la logique de l’administration française, surtout que nous n’avons même pas d’enfants ensemble et en plus nous sommes mariés sous le régime de la séparation des biens et n’avons aucun bien en commun!!! C’est inadmissible.
    A quand les féministes qui se sont battues pour retirer la civilité Mademoiselle des formulaires administratifs vont-elles se pencher sur le nom d’épouse ?

  • Commentaire de Solange Chiasson — 9 mai 2012 à 11 h 04 min

    N’oublions pas non plus qu’à la base,avant tous ces changements, nos noms venaient de toute façon du père, donc, un homme aussi…Fallait bien commencer quelque part.
    Mais Dieu sait si j’ai fait partie de ces femmes qui tenaient mordicus à garder leur nom de naissance au mariage et donner aussi les 2 noms de famille aux enfants….Ce que j’ai fait allègrement alors que mes amies me trouvaient trop féministe à cette époque(1976, j’avais 20 ans)! En France, beaucoup de gens semblent ne pas voir le côté sexiste de tout cela, je crois. Les comportements homme-femme diffèrent sur beaucoup de points. Je pense encore à l’anecdote de jeunesse racontée par Fabienne Thibault à Tout le monde en parle!
    On n’a qu’à voir l’affaire DSK, qui enfin semble prendre le côté punitif qu’elle aurait eu ici depuis longtemps. Même certaines femmes là-bas le défendaient! Mais je m’égare…

  • Commentaire de Xavier Fabiani — 9 mai 2012 à 9 h 34 min

    @Marion : Excuse ma naïveté, mais je pense justement que le contexte a suffisamment évolué pour que ne puisse plus se contenter d’accuser le système et les traditions. Tu dis toi même que le choix du nom était tout naturel pour ton conjoint et toi. Ça veut bien dire que le femmes (comme les hommes) sont libres d’aller contre les traditions non ?
    Après je pense qu’on peut faire plusieurs catégories :
    – Les femmes qui se voient « obligées » de changer de nom contre leur volonté (pression familiale, tradition…)
    – Les femmes qui changent de nom sans même se poser la question (parce que c’est comme ça que ça se fait depuis toujours)
    – Les femmes qui choisissent librement de porter le nom de leur mari en toute connaissance de cause

    Il s’agit uniquement de cette dernière catégorie que je cherchais à défendre dans mon dernier message (puisque je les pensais visées).

    Et je suis d’accord avec toi, si une femme accole le nom de son mari et qu’il ne fait pas de même, alors il y a un problème quelque part. Pour ma part, si je devais un jour abandonner mon nom pour celui de mon épouse, alors ça ne me poserai pas de problème sauf peut-être vis à vis de ma famille. Mais ils n’ont pas à décider à ma place. Est-ce qu’on parlerai de sexisme pour autant ?

    @Jocelyne : J’avais en effet mal interprété. Je vous renouvelle donc sincèrement mes excuses :).
    D’accord sur le fait que le système soit critiquable mais, au risque de me répéter, il n’est désormais plus aussi incontournable qu’il a pu l’être il y a seulement quelques années de cela. À nous d’écrire les futures traditions. Et en lisant votre article, j’ai dans l’idée que ça ne peut qu’évoluer dans le sens de l’égalité homme-femme :). Ça prendra peut-être du temps mais ça m’étonnerai qu’on fasse marche-arrière avant un moment…

    Quant au Québec, j’ai bien lu cette information dans votre article. Toutefois, comme le titre de l’article suggérait que le débat se centrait sur les femmes françaises, j’avais jugé bon de ne pas dériver et de ne pas inclure les femmes québécoises ou belges dans mes propose. Désolé pour cette erreur de jugement.

    PS : J’ai utilisé ma véritable identité par respect pour le sujet de l’article. J’aurais bien continué le débat sous le pseudonyme de « Monsieur chose » mais j’ai peur que cela nuise à la lisibilité des commentaires ;).

  • Commentaire de Marion — 9 mai 2012 à 8 h 44 min

    Ah, parce que selon toi, après des centaines d’années à avoir le nom de leur mari par obligation, les femmes font ( maintenant qu’elle ont le choix) librement le choix de le prendre car ça leur plait, uniquement? Juste parce que c’est plus joli? Par amour? Non, c’est un peu plus complexe que ça, nos choix ne sont pas vraiment libres, surtout en matière de traditions perpétuées depuis trèèèès longtemps.

    Et quid des femmes qui accolent et le mari pas? Pourquoi le fait-il pas?

  • Commentaire de Jocelyne Robert — 9 mai 2012 à 8 h 47 min

    @ Xavier Je ne blâme personne. Surtout pas les femmes. Incluant celles qui portent le nom d’un homme dont elle sont parfois divorcées et que souvent elles ne peuvent plus blairer.

    Je ne fais que clarifier une situation: nous avons tous et toutes un seul nom légal. Le reste est affaire d’us, coutumes et sexisme. S’il en était autrement, les hommes comme les femmes accoleraient le nom du ou de la bien-aimé-e au sien. Ce serai chouette d’ailleurs.

    La seule attaque en règle qu’il y a ici, vous ne l’avez pas comprise. Elle ne vise ni les femmes ni les hommes, juste un peu un système.

    Et puis, vous êtes mal informé. Ici au Québec les femmes n’ont plus le droit de prendre le nom du mari.

    Puisque votre nom ne vous importe peu, je vous remercie de votre commentaire Monsieur chose

  • Commentaire de Xavier Fabiani — 9 mai 2012 à 8 h 30 min

    Bonjour,

    Avant tout, je tiens à planter le contexte : je suis encore relativement jeune (entendez par là que je manque peut-être d’expérience) et n’ai pas encore eu l’occasion de réfléchir sérieusement au mariage ni à tout ce que cela implique.

    Bien que je reconnaisse tous les arguments présentés dans cet article, je n’ai pas pu m’empêcher de sentir mes poils se hérisser… Je m’explique.

    Je ne suis pas certain que tout le monde attache autant d’importance à son nom, malgré toute la signification qu’il peut porter. Et ce, d’autant plus depuis l’arrivée d’internet. Pour moi, il est naturel d’avoir plusieurs identités en fonction du contexte. Mon nom de famille ne représente finalement que mon « identité administrative » à mes yeux.
    Je veux dire… les gens avec lesquels je communique m’appelle par au moins 5 noms différents (dont 4 pseudonymes évidemment) et je ne ressent pas d’impact identitaire pour autant.
    Si jamais je change de nom de famille un jour peu m’importe. Au pire j’en serais gêné vis-à-vis de mes parents ou de mes grands-parents, mais sans plus. Ce que je veux, c’est être en accord avec la personne à qui je me lierai (je ne parle pas forcément de mariage) et avec moi-même. Ce que je veux, c’est que les gens me connaissent à travers moi-même et non pas à travers un nom, malgré toute la signification qu’il puisse porter. Et finalement, un nom n’a de signification que si on lui en donne.

    C’est pour ça que je m’offusque d’une deuxième chose : cette attaque en règle contre les femmes qui choisissent le nom de leur mari. Qui sommes-nous pour leur dire que choisir ? Je reconnais qu’à l’origine, les lois à ce sujet sont sexistes et portées vers l’appropriation de la femme par le mari. Mais maintenant ?

    Elles en ont le choix. Le contexte à changé.

    Je ne comprends pas qu’on blâme une femme qui souhaite porter le nom de son mari, en criant à l’asservissement, sous-prétexte que les premiers à avoir imposé ce choix étaient sexistes.
    Pour préciser ma pensée :
    – Si quiconque impose à une femme de prendre le nom de son mari, je suis d’accord pour parler de sexisme
    – Si elle prend cette décision d’elle-même, c’est son choix.

    Si jamais j’ai mal interprété vos propos, je m’en excuse par avance.

  • Commentaire de Jocelyne Robert — 9 mai 2012 à 8 h 01 min

    Entièrement d’ac. Sans compter que si les deux accolaient les deux noms, ce serait si mignon 😉

  • Commentaire de Marion — 9 mai 2012 à 7 h 58 min

    Merci pour cet article, française, je n’ai ni intention ni aucune envie de me marier alors cette volonté des femmes m’échappe complètement. Chaque année je suis invitée à des mariages, et je vois des jeunes femmes accoler le nom de leur mari au leur. Très bien c’est moderne, on accole. Très bien, mais alors pourquoi les maris en question ne le font pas également ? J’en ai parlé au mien de conjoint, et on s’est tout naturellement dit que s’il fallait qu’on se marie un jour (si on en a besoin pour des raisons administratives par exemple) soit on garderait chacun notre nom, soit on accolerait chacun le nom de l’autre, c’est ce qui nous paraît le plus logique.

    Tout n’est pas perdu !

  • Commentaire de Lise Roy — 9 mai 2012 à 6 h 59 min

    À 23 ans, j’ai ajouté un trait d’union à mon nom et à 43 ans, l’union s’est brisée et j’ai retiré le trait. Mon nom de naissance sera mon nom de mort (sans vouloir être morbide). Même s’il en existe plusieurs exemplaires au Québec (Lise Roy), c’est le mien et je le garde!

  • Commentaire de Catherine — 9 mai 2012 à 3 h 53 min

    C’est vrai qu’on entend souvent « Monsieur et madame Untel » mais chez moi ça a toujours été « Monsieur et madame Untel-Unetelle ». Et vraiment, il me semble que les femmes continuent à donner leur nom et ne disent pas « Madame Untel ». Est-ce que je ne connaîtrais que des exceptions ? En suis-je une moi-même ? Quand je me présente, c’est toujours Catherine Unetelle et si c’est nécessaire, par exemple vis-à-vis de gens qui connaissent mieux mon mari que moi, je précise « l’épouse de Prénom Untel ».
    (Nous n’en sommes quand même pas à nous présenter une fois sur deux comme Madame et monsieur Unetelle-Untel, façon de faire qui rétablirait l’égalité mais serait vraiment trop compliquée à gérer.)

    Au sujet d’égalité, je suis contre le fait qu’on puisse donner le nom de la mère à l’enfant. Il n’y a pas d’égalité lors de la naissance, l’enfant est celui de la mère sans aucun doute possible et lui donner son nom en éclipsant celui du père est ôter à ce père la seule possibilité qu’il a de faire savoir à la société que « que cet enfant soit conçu par moi ou non je l’accepte comme le mien. » Je pourrais prolonger mon commentaire en parlant de la place du père dans la famille mais ce n’est pas le sujet du billet, j’arrête ici.

  • Commentaire de Catherine Bohec — 9 mai 2012 à 3 h 41 min

    Je m’amuse beaucoup de votre post car je me fais la même réflexion depuis des années. Mariée tardivement j’ai souhaité garder mon nom, pas de jeune fille non (je trouve ce qualificatif réducteur), mon nom tout simplement. Que de problèmes … d’abord avec mon chéri qui ne comprenait pas ! Que d’explications avant qu’il ne l’accepte puis finalement s’en amuse. Que de courriers en recommandés avec accusés de réception à des administrations qui brutalement m’ont donné le nom de mon mari : non ce n’est pas le « nom marital » c’est le « nom de mon mari » ! Et que dire de recevoir des courrier Mme prénom du mari, nom du mari : au secours j’existe moi aussi et pas uniquement à travers mon époux que par ailleurs j’adore … Je suis donc ravie de votre billet : en un mot merci !

  • Commentaire de Jocelyne Robert — 9 mai 2012 à 3 h 06 min

    Oups! Merci Catherine! Désolée si wikipédia et ma source m’ont induite en erreur. J’avoue connaître au moins 2 femmes belges qui portent le nom de leur ex toutefois. Cela dit, ceci ne serait pas totalement impossible au Québec non plus. Sans doute des exceptions. Par contre, si je ne m’abuse, les femmes prennent le nom des époux non? Et les hommes prennent-ils le nom de leur chérie? 😉

  • Commentaire de Catherine — 9 mai 2012 à 2 h 36 min

    En Belgique jamais une administration ne changera le nom d’une femme mariée pour celui de son époux et il n’est pas question de garder le nom de l’ex comme « nom d’usage » après un divorce. Et ça fait bien longtemps qu’on ne m’a plus demandé mon « nom de jeune fille », on me demande mon nom sans autre précision, que ce soit sur des formulaires officiels ou privés.

  • Commentaire de Dydier Defaye — 8 mai 2012 à 22 h 37 min

    je n’aurais pas été contre de prendre le sien le principal étant de partager le même nom il y a plein de raisons qui fait que j’aime ce partage et il n’y a rien de sexiste la dedans mais par écris ce serais trop long pour m’expliquer et je ne suis pas aussi bon rédacteur que vous. la France laisse le choix du nom à la femme c’est très bien elle peux garder le sien si elle le désire choix que n’offre pas le Québec il impose que cela plaise ou non à la femme mais je suis d’accord avec vois sur le fait que l’on devrais pouvoir prendre le nom de la femme

  • Commentaire de Jocelyne Robert — 8 mai 2012 à 18 h 50 min

    La question n’est pas de s’offusquer . Juste de dire que c’est une habitude sexiste. Et de rappeler que le seul nom légal est celui de naissance.
    Si vous êtes heureux et fier de partager votre nom avec votre épouse pourquoi ne pas prend le sien. Ce serait chouette non? Je crois que c’est une question d’évolution des mentalités.

  • Commentaire de Dydier Defaye — 8 mai 2012 à 18 h 31 min

    depuis plusieurs années la femme mariée peut garder son nom mais la majorité des femmes préfère prendre le non de leur mari, mon épouse est québécoise, au Québec elle a gardé son nom mais quand on le lui demandait elle répondais Defaye. quand elle est arrivée en France on lui a demandé sous quel nom elle voulait être appeler elle a choisi son nom de femme mariée. si les femmes mariées veulent prendre le nom de leur époux pourquoi s’en offusquer? nous on est heureux et fier de partager notre nom avec la femme que l’on aime.
    pour les enfants ils peuvent choisir le nom qu’ils veulent portés mère, père ou les 2 accoler mais tout les membres d’une même fratrie doit choisir le même. autre pays autre coutume par exemple en France une femme mariée qui ne travaille pas marche sur l’assurance maladie de son époux au Québec je ne crois pas que c’est le cas

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