jocelyne robert

Ou… l'amour "open" des tout-petits.

Le premier amour, celui des tout-petits, est toujours fulgurant, absolu et ludique. Scène de la vie où se projettent des fuites sur une autre planète ou à la Ronde, un mariage dans l'espace ou à Disney World. Trouble d'innocentes caresses, joie de prodiguer et de recevoir des gentillesses exclusives. On expérimente les intrigues de la séduction et la sensualité libre et dépouillée de contraintes. Amour heureux jusqu'à ce qu'arrive, avec la fin des vacances ou simplement avec la venue d'une plus fine ou d'un plus beau, la séparation et parfois le chagrin. 

Qui ne se souvient pas de son amour d'enfance? Le mien s'appelait Simon. Je devais avoir 4 ans et 10/12 et lui 6 ans. Un jour que nous étions près du hangar où bricolait son papa, il voulut m'épater de sa force herculéenne et souleva, au bout de ses bras chétifs, puis d'une seule main, une énorme barre à clous qui me paraissait aussi grosse qu'un pylône électrique. J'étais ravie, béate d'admiration. Mais Simon se mit à vaciller, de plus en plus, jusqu'à ce que son petit bras flanche et que l'énorme outil de fer s'écrase sur ma tête. Je jure que jamais depuis, au sens propre comme au figuré, un homme ne me fit perdre si totalement la boule et voir autant d'étoiles… 

Selon les statistiques italiennes officielles ( Francesco Alberoni ) le premier amour survient vers 3 ans et demie (ah! ces Italiens! ). Normal puisque c'est l'âge d'entrée à l'école maternelle. Comme si l'être humain, fusse-t-il haut comme trois pommes, avait besoin, en quittant le giron familial, de se rapprocher d'une personne qui l'accueille, le rassure, le fait se sentir unique.  

Je vous entends dire "mais, le premier amour n'est-il pas celui qu'éprouve Oedipe ou Électre pour papa ou maman?" Évidemment, et j'y reviendrai. Mais je voudrais d'abord traiter des amours qui mènent à explorer le monde, fusse-t-il dans la cabane chez la voisine. Le monde tout court, et le monde des émotions et de l'affectivité.

P.s.:  Ce billet est le premier d'une série sur la question du premier amour selon les étapes de développement. Si vous avez envie de partager le vôtre et vos souvenirs, non seulement vous êtes les bienvenu/es mais cela serait vraiment trrrrès agréable si ce blogue devenait un lieu d'échange sur la question …

 

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Publié dans : Amour, Enfance et Adolescence, Sentiments et Émotions
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10 commentaires

  • Ping de L’amour secret des 6-9 ans - Jocelyne Robert — 26 mai 2011 à 12 h 52 min

    […] commentaire  Share Tweet J'ai parlé il y a une ou deux semaines du premier amour, celui qui emballe le coeur des petits exhibitionnistes  que sont les enfants de 3 à 6 […]

  • Commentaire de Evelyne — 12 mai 2011 à 10 h 11 min

    Stefano dans ma classe maternelle. Il était donc beau avec ses joues rondes et ses yeux brillants. On se donnait la main à la récré, il me laissait le ballon, on se fesait de beaux sourires.
    Je n’ai pas souvenir d’une peine d’amour parcontre… j’ai changé d’école et la vie a continué. Dommage que je ne me rappelle pas de son nom de famille, j’aurais pu le retracer sur Facebook 😉

  • Commentaire de Barbara D — 12 mai 2011 à 1 h 09 min

    Très intéressant comme sujet! J’avais 8 ans, et lui 10. C’était mon voisin un peu « bad boy » et ma mère le gardait à l’occasion. À chaque fois qu’il venait à la maison, j’allais mettre ma plus belle robe et un peu de baume à lèvres aux fraises! Notre relation est restée évidemment platonique, et elle s’est terminée lorsqu’il a déménagé quelques mois plus tard.
    Je ne sais pas ce que vous en pensez Mme. Robert, mais personnellement, ce court témoignage m’a fait prendre compte que mes goûts et comportements amoureux n’ont pas changés avec l’âge: j’aime encore les garçons un peu « bad boy » et le fait de me « faire belle » pour séduire joue un rôle tout aussi important qu’avant. Comme quoi on ne change pas tant que ça!

  • Commentaire de Joëlle — 11 mai 2011 à 21 h 24 min

    Il s’appelait Nicolas, j’avais dans les 5-6 ans et lui 9. Coup de foudre dès le premier regard – je me souviens même qu’il était monté sur une table de pique-nique pour «crier son amour pour moi au monde entier». C’était très mignon!

  • Commentaire de Véronique Robert — 11 mai 2011 à 21 h 11 min

    Très mignon! Mais moi je ne vous parlez pas de Marco Beaudry de St-Marc-sur-Richelieu!

    🙂

  • Commentaire de M.g — 11 mai 2011 à 21 h 02 min

    Quel sujet…

    Elle s’appelait Christine R., Nous étions en classe de CE1 à la fin des années 70, dans une petite ville de banlieue parisienne. Nous avions 6 ans. Des regards, des baisers… Depuis, pas une semaine sans y penser.

    Allez, je fais tomber un instant la carapace: ce billet me retourne…

  • Commentaire de Renée — 11 mai 2011 à 19 h 27 min

    « …si ce blogue devenait un lieu d’échange sur la question » JR
    Je n’ai rien contre. C’est ce que je disais à mes étudiants : »Et si nous revenions sur le sujet ».
    Des « vintage » aux premiers amours, comme une sorte de retour en enfance. J’ai pas souvenir étant prise à d’autres considérations par rapport à l’actualité.
    Les premiers soins…avant le pire
    Renée de la Corvée

  • Commentaire de Michele Gagne — 11 mai 2011 à 17 h 33 min

    aah! le premier amour… miss poulette de 6 ans a vécu le sien il y a 2 ans lorsque son amoureux de la garderie lui a dit avoir jeté son numéro de téléphone… elle était inconsolable, des grosses larmes coulaient de ses beaux yeux. J’ai essayé de minimiser la chose, mais en vain. Lorsque nous avons croisé l’amoureux et sa maman, j’ai demandé que s’il voulait venir jouer à la maison, qu’il avait juste à téléphoner. Sa maman nous a répondu bien sûr, qu’il avait le numéro de miss poulette. Encore aujourd’hui ils se voient malgré s’ils ne soient pas à la même école.

  • Commentaire de Jocelyne Robert — 11 mai 2011 à 13 h 51 min

    Merci infiniment. Que c’est charmant. Et éloquent. Et plein d’espoir!

  • Commentaire de La Criminologue — 11 mai 2011 à 13 h 42 min

    Très mignon votre billet! Dans mon cas, j’avais cinq ans, il en avait 10! Il était grand, fort, je buvais ses paroles. C’est avec lui que je me suis abandonnée pour la première fois… à faire du vélo sans les petites roues. Même si mon admiration était à sens unique, il était vraiment charmant avec moi et ma petite soeur.. de deux ans. Un jour, je me suis dit qu’il ne méritait pas mon amour quand il a brisé mon vélo. Ma maman m’a aidé à passer au travers ma peine d’amour en m’encourageant qu’il y en aurait d’autres, que j’avais bien le temps. A cinq ans, on boit encore les paroles de sa mère alors je l’ai crue. Et j’ai bien fait!

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