jocelyne robert

Je répondrai ultérieurement, sur ce blogue, à la lettre de l'enseignante que je reproduis plus bas.  Je me contente pour l'instant de la copier, mot à mot, sans changer une virgule, exceptions faites de l'identité de ma correspondante et du nom de l'école.

Je publie cette lettre ici parce qu'elle est très représentative de plusieurs demandes que je reçois. Aussi, parce qu'elle n'est pas alarmiste et n'évoque pas les comportements "hypersexuels" dont on entend tant (trop?) parler.

On m'y demande, en gros, que faire avec les effusions amoureuses des enfants à l'école primaire? Pour ma part, non seulement mes enseignantes-religieuses se fichaient-elles éperdument de mes amours d'enfant de 10 ans mais elles les condamnaient si nous les évoquions pudiquement! Quant aux titulaires de classe de ma fille, me semble-t-il que cette question ne les préoccupaient guère! 

Qu'on le veuille ou non, l'air du temps n'est plus aux culottes à grands manches, aux blouses blanches qui nous étranglaient, au chapelet à genoux du vendredi…  Encore moins aux classes unisexes! 

Bonjour Mme Robert,

Nous aurions besoins d'un conseil ou d'une ressource documentée sur les comportements amoureux acceptables à l'école primaire. 

Nous avons de plus en plus de gestes amoureux à l'école primaire.  Au début nous trouvions cela "cute" mais cette année, nos grands de 5e et 6e année sont un peu plus démonstratifs dans leurs comportements. 

De plus, nous avons des peines d'amour qui peuvent aller jusqu'à perturber plusieurs amis et désorganiser tout notre après-midi.  Comme le phénomène prenait de l'ampleur et qu'il était difficile de gérer les démonstratons d'amour et d'amitié, nous avons banni, pour un temps, les gestes d'affection tels que ; accolades, se tenir la main et même s'assoir collé sur les bancs extérieurs. 

Évidemment, il y a maintenant beaucoup de frustration chez nos élèves.   J'ai cherché un peu partout sur internet, sans succès, comment gérer les comportements amoureux à l'école primaire.  Ces comportements sont présents chez les adolescents et tolérés à l'école secondaire.  Mais dans une école primaire qui regroupe des enfants de 5 à 12 ans, il est plus difficile de trancher sur ce qui est acceptable ou non.

Merci  et bonne journée

Mylène R.
Enseignante
5e année

Promis Mylène, je vous reviendrai bientôt!

 

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Publié dans : Amour, Culture et Société, Éducation, Éducation sexuelle, Enfance et Adolescence
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15 commentaires

  • Commentaire de jade — 30 octobre 2015 à 13 h 07 min

    Bonjour: EMISSION C’EST MON CHOIX
    – Votre enfant est fou amoureux
    – Votre petit garçon est un vrai tombeur
    – Votre enfant rêve de revoir son amoureux(se) rencontré(e) pendant les vacances
    – Votre petite fille trouve tous les garçons stupides
    Contactez-moi
    jade.castingcmc@gmail.com
    01 53 84 29 78

  • Ping de Mes Cro mignons contemporains - lasuitelasuite — 15 mai 2015 à 18 h 08 min

    […] Je suis consciente qu’il y a une différence énorme entre mon époque (années 1980) et aujourd’hui.  Dans les cours d’école, ça se passe différemment, car les jeunes sont soumis à une éducation et un environnement différents. (voir lettre d’une enseignante) […]

  • Commentaire de aryane gagnon — 11 novembre 2014 à 19 h 51 min

    bonjour je m apelle ary gagnon et jéaime un gars a lecole mes il ma aimer la nné passer mes la il aime mon ami donc je veut quil reprenne avec moi

  • Commentaire de romain — 23 mai 2014 à 20 h 31 min

    Bonjour,j ai 10ans et je trouve qu a mon ecole il a pas beaucoup d amour,je le sais parce que je voit jamais des enfant s embrasser ,dire *je t aime * et tout et tout; voilas mon comùmentaire

  • Commentaire de francois bertrand — 19 février 2012 à 8 h 38 min

    Commentaire à retweeteuse: on ne devrait pas se cacher derrière un pseudonyme pour critiquer sur un sujet aussi sérieux.

    Conjoint d’une enseignante, je peux vous assurer qu’elles sont très préoccupées par la situation.

    Vos belles théories de l’écoute et de la compréhension de ce que les enfants vivent devrait commencer à la maison par des parents, peut-être trop occupés (autre débat)et non pas à l’école. Je trouve que vous jettez facilement la pierre aux enseignants. Avez-vous idée du quotidien d’un professeur?

    Il est loin le temps où les jeunes adolescentes découvraient le vernis à ongle et le maquillage qu’à l’école secondaire.

  • Ping de L’amour à l’école primaire, 2e partie . - Jocelyne Robert — 16 février 2012 à 17 h 15 min

    […] Comme promis, j'écris ce billet en réponse à la lettre d'une enseignante publiée dans l'article précédent : À 10 ans ils veulent vivre leur amour…  […]

  • Commentaire de Jocelyne Robert — 15 février 2012 à 21 h 56 min

    @Mylène
    Dans les années 80??? À la fin quand même des années 80! Je blague. Merci pour les bons mots.

    Mais en attendant d’être grand-mère, j’ai aussi écrit pour les adultes et pour les femmes vous savez … 😉

  • Commentaire de Mylène — 15 février 2012 à 20 h 42 min

    Commentaire de Josée dans votre Blog "J’enseigne en première secondaire et je comprends les inquiétudes qui viennent avec les premiers amours… De plus, tout est de plus en plus précoce et de moins en moins encadré et soutenu par des parents surchargés. Par contre, les histoires auront quand même lieu en secret et en silence… Ce qui m’inquiète. À mon avis, on devrait encourager les gestes beaux et sains comme se tenir par la main, s’asseoir collés sur un banc, les câlins…"

    C'est exacetement ce que l'on se disait en réunions.  Nous vivons en 5e année ce qui se vivait, avant. en première ou deuxième secondaire.  Il me semble que les enfants sont plus précoces et plus éveillés.  Les comportements amoureux au secondaire (12 à 17ans) ok.  Mais à l'école primaire, nous avons des petits enfants qui ont 5, 6, 7, 8 ans…  !  Je comprends que nos plus vieux ont envie de rapprochements, mais il faut quand même donner une certaine limite.   Le garçon de 11 ans m'a répondu qu'il était collé sur sa blonde, pas par dessus elle! Certaines filles (une petite minoritée chez nous) portent déjà un string à 11-12 ans, se maquillent, veulent se faire percer le nombril ou avoir un tatouage.  Les élèves ont des cellulaires, des Ipods touch…  Je vous rappelle que nous sommes toujours dans une école primaire (loin des grands centres) et notre liste de règlements s'allonge.  

    J'ai vu des photos de jeunes filles de 10 et 11 ans de mon école avec des poses assez sexy sur leur Facebook…  Où sont les parents dans tout ça? Je n'ai pas soulevé la question des accolades inteminables entre nos filles (10-12 ans), surtout lorsqu'une d'entre elles a une peine d'amour.  Ça n'en finit plus.  Elles sont 7, 8 à s'étreindre, à se consoler, elles s'attroupent à la salle de bain et c'est le drame,  on rejette la "briseuse de couple" et voilà que je dois encore faire 30 minutes d'intervention psychosociale au lieu des mathématiques.  Il y a toujours eu, occasionnellement, cet aspect parmi nos "grandes", mais il me semble que la fréquence augmente un peu plus à chaque année et c'est plus intense qu'avant. Cette année, le MELS a ajouté un volet éducation à la sexualité, ce n'est pas mauvais en soi.  En début d'année nous avons eu un aperçu lors d'un après-midi pédagogique.  La conférencière, Francine Duquet, était très intéressante et avait beaucoup d'humour.  Mais 2h d'informations un vendredi après-midi en début d'année scolaire… c'est vite oubliées  

    Merci  encore de votre intérêt.  J'ai toujours apprécié votre travail et je possède encore vos livres que je lisais à ma fille… dans les années 80! Le jour où je serai grand-mère, je m'empresserai d'aller acheter la nouvelle édition. 

  • Commentaire de Jocelyne Robert — 13 février 2012 à 19 h 32 min

    Merci Renée,

    Aucune idée de ce que ce bjmh faisait là… Mystère et boule de blog…

  • Commentaire de Renée — 13 février 2012 à 19 h 12 min

    Ça veut dire quoi bjmh…? démoglyphe?
    Le sujet n’est pas intéressant.
    À mon primaire, il y avait les classes de filles et les classes de gars. En rang…les filles aux mains croisés à l’avant, sur le pubis et les gars les mains croisés au dos, prisonniers du toucher.
    Mes enfants ont été au primaire dans les années 80. Classes mixtes, vêtements unisexes.
    Il faut faire une différence entre la première année et la sixième.
    Moi qui ai enseigné pendant 29 ans dans un collège privé (cegep)internationnal, je ne peux m’intéresser au bébéisme du primaire et de l’observation des maîtresses

  • Commentaire de Isidore Wasungu — 13 février 2012 à 8 h 31 min

    J’ai tellement hâte de lire votre réponse sur ce sujet si épineux. Cette lettre et les quelques commentaires ici dressent la table pour cette importante discussion. Un de mes amis bien équilibré, marié et heureux en ménage m’expliquait une fois comment l’amour entre deux de ses collègues de travail avait pourri le climat de leur milieu de travail et avait presque semé la zizanie. Pourtant c’était des adultes. Et il s’agit ici d’enfants de 5 à 12 ans! Évidemment vous pouvez me demander quel rapport entre ces deux situations et contextes si différents.

  • Commentaire de Josee — 13 février 2012 à 6 h 57 min

    J’enseigne en première secondaire et je comprends les inquiétudes qui viennent avec les premiers amours… De plus, tout est de plus en plus précoce et de moins en moins encadré et soutenu par des parents surchargés. Par contre, les histoires auront quand même lieu en secret et en silence… Ce qui m’inquiète. À mon avis, on devrait encourager les gestes beaux et sains comme se tenir par la main, s’asseoir collés sur un banc, les câlins… et intervenir et soutenir quand on voit des comportements ou gestes de violence, soumission, de non-respect. Bien sûr qu’il va y avoir des petits coeurs brisés et tout, mais c’est l’école de la vie, n’est-ce pas? Toujours à mon avis, une école ne peut être un lieu asseptisé, sans expression des sentiments, sans émotions. Personnellement, je me souviens de mon premier amour du primaire et ce n’est pas parcequ’il était moins exprimé en publique qu’il était moins fort, poignant, beau… et déchirant quand mon amoureux a déménagé… J’aurais aimé en parler à quelqu’un de confiance, mais à cette époque tout était caché…

  • Commentaire de Mario Bellavance — 12 février 2012 à 21 h 59 min

    Je suis heureux que soit présenté ce nouveau sujet concernant les enfants : Les gestes amoureux des enfants fréquentant l’école primaire. Avec le sujet de l’intimidation à l’école, cela démontre combien les enfants suscitent d’interrogations parmi les adultes actuellement. Bien que je ne sois pas un expert dans le domaine, je risque une opinion afin de nourrir une discussion sur le sujet.

    Une personne me mentionnait récemment que l’absence des parents, leur manque d’attention envers leurs enfants pouvaient expliquer leur fragilité, leur glissement vers un rôle d’intimidant ou de victime. Elle expliquait cela par l’accaparement du monde du travail qui rend les parents moins disponibles aux besoins de leurs enfants. Cela m’a semblé plein de bon sens. Et, s’il en était de même concernant les comportements amoureux des enfants? Si le manque d’expressions d’amour, le manque d’attention des parents poussait les enfants à exprimer leur affectivité de façon précoce? Les questions sont posées. Aussi, que ce soit pour s’adresser au problème de l’intimidation ou celui des gestes amoureux, les besoins de l’enfant doivent être pris en considération. On ne peut, il me semble, limiter ces questions au respect d’une loi ou d’un règlement scolaire. La relation de l’enfant avec ses parents doit être traitée dans sa totalité. Ceci dit, j’ai hâte de lire votre opinion sur le sujet, Mme Robert.

  • Commentaire de Jocelyne Robert — 12 février 2012 à 12 h 55 min

    Je ne crois pas que la décision de "bannir…" soit celle de l'enseignante qui écrit mais plutôt celle, temporaire, de la direction. L'enseignante semble au contraire questionner ce choix… J'y reviendrai

  • Commentaire de Retweeteuse — 12 février 2012 à 12 h 45 min

    « De plus, nous avons des peines d’amour qui peuvent aller jusqu’à perturber plusieurs amis et désorganiser tout notre après-midi. » C’est sûr qu’en les empêchant d’exprimer leurs sentiments d’amour, cela les empêchera d’exprimer leur peine d’amour du même coup… Qu’ils souffrent en silence et qu’ils embêtent pas le monde avec ça. (J’ironise ici)

    « …nous avons banni, pour un temps, les gestes d’affection tels que ; accolades, se tenir la main et même s’assoir collé sur les bancs extérieurs. » Non mais je rêve?

    Après on se plaindra que les élèves nous manquent de respect, qu’ils nous ridiculisent, qu’ils ne nous écoutent plus… Faudrait commencer par les respecter, les écouter et cesser de les contraindre pour des stupidités. Ce long parcours de règles depuis la garderie, cette infantilisation sans fin, ce contrôle de l’être jusque dans ces émotions et l’expression de celles-ci… pour en faire quoi? Des robots? Ou des révoltés chroniques?

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