jocelyne robert

« La pornographie existe depuis toujours. Depuis que le monde est monde. »

C’est en entendant André Champagne faire cette affirmation, que je cite de mémoire, sur les ondes de Ici Radio-Canada, il y a quelques semaines, que j’ai eu l’idée d’écrire ce billet. Nonobstant le respect que je voue à l’historien, je me suis demandé d’où venait cette certitude:  «  Ah bon… sont donc les traces dans les grottes alors ? ».  J’ai posé ma question, via le site de l’émission (Medium Large ) et également içi et sur les médias sociaux. Aucune réponse ne m’est parvenue.

Vous comprendrez, j’en suis certaine, que l’idée ici n’est pas de mettre quiconque en tort mais plutôt de questionner, en cette période de l'année où on se souhaite paix et amour, des idées reçues désespérantes, navrantes, et sans réel fondement:

–  La violence  et la guerre sont au cœur de la nature humaine. On ne changera pas l’homme… 

 Le viol et les agressions sexuelles de femmes et d’enfants ont toujours existé et existeront toujours…

La pornographie et l'exploitation sexuelle des femmes sont là depuis le début du monde… 

À force d’entendre de telles sentences, sorties tout droit de la tête des anthropologues du 19e siècle, on a fini par y croire mordicus. Par expliquer le monde à travers elles. Par s’avouer défaits et défaitistes.

La violence n’est pas « naturelle »

Or, la violence n’est pas naturelle. L’agressivité, nécessaire à la survie, l’est. La violence est un dérapage, une construction. La thèse voulant que l’humanité ait toujours été en guerre est de plus en plus souvent contestée par des spécialistes de la préhistoire. Marylène Patou-Mathis, préhistorienne du Musée national d'histoire naturelle de Paris, déboulonne ce mythe avec brio et érudition dans son récent ouvrage: Préhistoire de la violence et de la guerre.

Elle montre qu'aucune trace de guerre n’existe dans la préhistoire de l'humanité. Nulle trace de guérillas entre les groupes, nulle preuve de massacres de masse n’ont été observées avant le Néolithique, cette période marquée par de profondes mutations techniques et sociales liées à la naissance d’une économie de production. C’est donc à partir du Néolithique seulement, qu’on peut noter des scènes de violence dans l’art pariétal.

Ce serait donc, en toute logique, l’arrivée de la production, de l’accumulation, puis du stockage qui aurait bouleversé l’ordre des choses. Les systèmes guerriers se seraient mis en place dès lors que l’on commença à hiérarchiser les surplus. La notion de «transmission des biens» faisait son apparition, initiant le passage d’une structure matrilinéaire au système patriarcal qui subsiste encore de nos jours.

Les déesses de l’ère paléolithique, Vénus de Willendorf et autres sublimes et opulentes mater materia, sont alors détrônées au profit des divinités masculines qui naissent et fourmillent désormais.

Bien sûr, on peut trouver quelques traces de sacrifices rituels d'individus. Mais jamais de vestiges de luttes de territoires ou de batailles pour conquérir des possessions puisque le chasseur-cueilleur-collecteur d'avant le Néolithique n’accumulait rien. Chez lui, l’empathie, la coopération et le partage semblaient régner bien davantage que l’égoïsme et l’affrontement.

Pour Patou-Mathis, il est clair que c’est l'évolution sociale ( si tant est qu'on puisse, dans ce cas-ci, parler d'évolution ) qui a été un détonateur puis un catalyseur de violence. Elle conteste aussi énergiquement, l’idée voulant que Cro-Magnon aurait anéanti le Néandertalien. Raison : là non plus aucune trace d’affrontement n’a été retrouvée. Ni dans les ossements et squelettes répertoriés, ni dans les dessins rupestres.

La violence sexuelle n’est pas naturelle.

Le même raisonnement vaut pour les violences sexuelles, viols et agressions sexuelles de femmes et d'enfants : zéro trace de semblables dérapages avant le Néolithique.

Quant à la pornographie, elle n’existait vraisemblablement pas. Du moins, pas dans les termes violents et dominateurs qui l'ont caractérisée, sans cesse plus fortement, jusqu'à nos jours ( gang bang, viol, viol collectif, éjaculation faciale, triple pénétration etc etc) .  Les représentations de corps de femmes nues au sexe offert ou ceux de déesses fécondes aux seins admirables et immenses n’ont rien de pornographique. Pas plus que ces illustrations de mâles au phallus brandi. La notion de fête et de célébration dominait les scènes de nudité retrouvées bien plus que la volonté de posséder et d'exercer  du pouvoir.  Si ce sont ces images sexuelles ou de nudité que certains qualifient de pornographie, une discussion s’impose.

Alors d’où nous vient cette idée d’une violence constitutive de l'homme ?

Comme je l’ai évoqué au début, cette pensée se serait insinuée en nous, fécondée par les théories anthropologiques spéculatives du 19e siècle. Les connaissances et récoltes sur la préhistoire n'étaient pas celles d'aujourd'hui. Les savants de cette époque, soit créationnistes, soit fraîchement évolutionnistes classaient les hommes préhistoriques au rang des barbares-cannibales-guerriers. Et puis, toute cette chimère aura été nourrie par l’imaginaire collectif, les romans, les œuvres de fiction mettant en scène, de façon systématique et péremptoire, des êtres humains préhistoriques enragés, dangereux et violents.

Enfin,  l'idée ( prétentieuse ?) ou le désir de croire en une évolution positive de l'être humain régnait, et règne toujours. Comme si , la société humaine actuelle devait, forcément, s'être bonifiée, être meilleure que sa précédente…

Souhaits de l'an 2014

Pour se souhaiter et atteindre la paix, la bienveillance et la sérénité, peut-être pourrions-nous commencer 2014 en se souvenant que la violence n’est pas incrustée dans la nature humaine. Pas plus dans celle de l'homme que dans celle de la femme.

Ne l'oublions pas: La violence est une construction. Et tout ce qui a été construit peut être déconstruit. Tout. Je nous souhaite la paix. Et l'amour.

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Publié dans : Anthropologie, Culture et Société, Médias et Actualités, Mythes, Opinion, Violence
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14 commentaires

  • Commentaire de Jocelyne Robert — 29 mai 2014 à 11 h 53 min

    Message à Black Fruit .
    L’administration de ce blogue vous informe que votre commentaire ne sera pas publié et que, de plus, la police du web est à vos trousses.

  • Commentaire de renee dion — 24 mai 2014 à 20 h 00 min

    Laissons aux hommes , leur ouverture d’esprit et de sexe.
    Qu’ils soient enfin bisexuels. Émancipés de la pointe.
    Ainsi, moins de femmes seront violentées.
    Youk

  • Commentaire de franzseguin — 8 mars 2014 à 7 h 26 min

    On ne peut pas nier l’innéité de la sexualité humaine sous prétexte que certains se servent de cette idée pour justifier leurs égarements. Le déni de l’existence de la violence innée mènera aux pires exactions. Il faut plutôt en reconnaître l’existence et accepter que cela fait partie des instincts primaires de chaque humain et ensuite travailler à éduquer chaque personne. Tous ceux et celles qui ont élevé des enfants ont pu remarquer que, dès tout jeunes, ces adorables poupons faisaient preuvent d’une violence extrême et toute naturelle envers les objets et même à l’endroit des autres humains de leur entourage sans que personne ne les y aient incités, ni modélisés à le faire. C’est à ce moment que les parents doivent leur faire comprendre qu’ils ne peuvent pas poser de telles actions envers les autres. Ils doivent leur apprendre à reconnaître et contrôler leur instinct de violence qui s’exprime par des actes inacceptables contre les autres et parfois contre eux-mêmes.

    Jean-Jacques Rousseau qui est toujours considéré comme un immense génie a eu le mérite de poser des questions que tous refusaient de se poser sur la nature humaine et sur l’éducation des enfants. Il en a ensuite imaginé des réponses toutes romantiques et fantaisistes selon son bon coeur et sa brillante intelligence.  » L’homme naît bon, c’est la société qui le corrompt.  » Ce fut son postulat de base pour élaborer sa philosophie. Bernardin de St-Pierre a illustré ce principe dans un roman très amusant, qu’il faut lire, où deux enfants éduqués en dehors de la civilisation, ne possédaitent que de bons instincts et toutes les vertus imaginables, sans aucun mauvais penchant : Paul et Virginie.

    En fait, partir d’un principe aussi irréel et faux, ne peut mener qu’aux pires exactions et aux pires erreurs. Le deni est la pire des façons de considérer la réalité de la vie. Il faut reconnaître cette réalité : l’être humain ne naît pas naturellement bon, mais polyvalent, multiple et un peu différent de tous les autres, mais aussi très semblable. Le bébé naissant est un être virtuel, doté de tous les surpuissants instincts de vie et de mort ( surtout de vie ). Il peut devenir tout, n’importe qui et n’importe quoi, selon l’exemple, le milieu, l’éducation et la civilisation où il baigne.

    D’où l’importance d’une bonne éducation de l’intelligence, des émotions et des instincts, en se rappelant que rien ne sera jamais parfait et que tout sera toujours à refaire pour chaque enfant qui naît. Les religions qui cautionnent, justifient et encouragent les instincts de violence et de mort à certaines conditions, produisent des sociétés ou les gens se violentent, s’entretuent et se suicident un peu partout, et ce, jusque dans les familles. On y tue les hommes, les femmes, les enfants et les voisins pour leur apprendre à
     » vivre dans le droit chemin  » évidemment !

  • Commentaire de Mélanie — 3 février 2014 à 12 h 26 min

    article très intéressant… @ »L’argument d’une violence innée chez l’homme est trop souvent servi pour cautionner, justifier et banaliser l’horreur. Hélas… » – oui, absolument et complètement d’accord avec vous… hélas-bis!

  • Commentaire de Stéphanie ..... — 11 janvier 2014 à 10 h 33 min

    Personnellement c’est la « Non Violence » qui m’intéresse ……
    Réussir à comprendre la « Non Violence » c’est très difficile …..
    Je crois y avoir réussi à ma façon , et alors il m’est devenu très facile de comprendre la violence …..
    Comprendre la « Non Violence » : Comprendre la violence n’aide en rien à comprendre la « Non Violence » , en rien ……

  • Commentaire de Jocelyne Robert — 5 janvier 2014 à 23 h 40 min

    Oui bien sûr , c’est précisément ce que remet en question la préhistorienne citée dans mon blogue ( en passant, cela n’est pas ma thèse mais celle de plusieurs récents spécialistes de la préhistoire). Elle n’affirme pas que la violence n’existait pas mais bien qu’aucune preuve ou trace réelle d’une violence de groupes à groupes n’a été retrouvée. 

  • Commentaire de Serge Dubuc — 5 janvier 2014 à 21 h 11 min

    J’ai trouvé dans la revue Sciences humaines, janvier 2014, La bibliothèque des idées d’aujourd’hui, une référence au livre de Laurence H. Keeley, archéologue, (aussi War before civilisation) qui avance que la guerre existe depuis la Paléolithique récent (25,000 à 50,000 ans). Je n’ai pas lu le livre mais les commentaires dans cette revue sont sérieux. Une autre référence qui met un petit bémol à cette thèse, Visage de la violence préhistorique de Guillaine et Zammit qui s’accordent pour dire que la violence a précédé la civilisation, cependant c’est bien au Néolithique qu’elle change de dimension accompagnant la diffusion de l’agriculture et la densification des populations.

  • Commentaire de Gourma — 5 janvier 2014 à 19 h 20 min

    la violence n’est pas naturel ,et c’est vraiment très exacte. contrairement à ce qu’a dit le philosophe anglais HOBBS qui présentait dans sa philosophie que l’être humain est naturellement violant, votre texte démontre que la paix était toujours présente sous différente forme. Portant la politique occidental a retenu théorie de Hobbs et Descartes comme référence jusqu’à nos jours, de cette vision le fascisme et les régimes totalitaire ont trouvés leurs conviction , même si j.j Rousseau a rejeter la théorie de Hobbs en avançant que la violence est un phénomène social.
    Toute les théories soit celle de Descartes , Hobbs n’explique pas de manière claire la violence , d’une part car celle ci dépend du bien et du mal,et d’autre part les causes de la violence dont on peut citer la peur et l’honneur restent vaguent dans le sens que l’honneur est lié à l’esprit humain .
    la guerre en Iraq était un exemple de la valeur d’honneur d’esprit de l’administration G.w.Bush après l’attaque barbare qui a fait salir l’image de l’Amérique aux yeux de ses alliés.
    Autre exemple de la violence au sein de l’école,40% des crimes sexuel contre les enfants auraient commis par des femmes, et selon le psychologue Larry Moris ces femmes n’ ont pas acquis de bonne aptitudes sociales au sein de foyer familiales et plusieurs d’entre elle ont compenser leurs lacunes par des comportement sexuelles.
    le philosophe athée allemand Diter Heinrich Kerler affirme avec son orgueil:<>
    c’est aux niveau de ces grandeurs que Dieu nous a interdire de franchir certaines limites, au-delà desquelles on risque de souffrir. Voila que l’orgueil est un grand ennemi de l’homme ,
    <Coran07.146
    L’orgueil est un handicape majeur pour notre société , car chaque jour en invente des théories et des lois , c’est la cas de Carl Marx et Freud, mais après une longue durée d’expérience et de gaspillage d’efforts on s’aperçois que c’étaient des charlatans et non des vraie scientifiques.

  • Commentaire de Jocelyne Robert — 5 janvier 2014 à 16 h 04 min

    Je trouve cette réponse pas mal du tout.. 😉

     

  • Commentaire de Sylvain Pichette — 5 janvier 2014 à 16 h 01 min

    Je tente une réponse. On dirait qu’on cherche un moyen de se déresponsabiliser. « Ce n’est pas de ma faute, c’est dans mes gènes ». Et pour certaines femmes, mettre tous les hommes dans ce même panier justifie leur haine de tous les hommes, les violents comme les corrects.

    Ce n’est pas scientifique, mais une hypothèse

  • Commentaire de Jocelyne Robert — 2 janvier 2014 à 17 h 11 min

    Merci de votre conseil mais voyez-vous, je ne ne nie surtout  pas que la violence existe.

    C’est juste que, comme d’autres, je la crois « construite » plutôt que « naturelle » chez l’être humain.

    Et vous savez, enfin j’espère, aussi bien que moi, que la violence animale n’est jamais complètement gratuite . 

    De plus, vous aurez remarqué que je parle surtout de violence de groupes ( luttes pour territoire, guerres, etc) et non de violence individuelle ritualisée ou d’agressivité de survie. 

    Surtout, je trouve fort intéressant que de nombreux scientifiques de la préhistoire déboulonnent de plus en plus l’idée reçue d’une violence innée chez l’homme et montrent qu’aucune trace de celle-ci ne semble exister avant le Néolithique. À cet effet je vous invite à  lire leurs récents travaux dont ceux de Marilène Patou-Mathis http://www.renaud-bray.com/Livres_Produit.aspx?id=1451550&def=Préhistoire+de+la+violence+et+de+la+guerre%2CPATOU-MATHIS%2C+MARYLÈNE%2C9782738130204 .

    D’ailleurs, elle était aux Années Lumière, sur les ondes de Radio-Canada  récemment, http://www.radio-canada.ca/emissions/les_annees_lumiere/2012-2013/chronique.asp?idChronique=320838 si l’envie vous prend de l’entendre.

    L’argument d’une violence innée chez l’homme est trop souvent servi pour cautionner, justifier et banaliser l’horreur. Hélas…

     

  • Commentaire de franz seguin — 2 janvier 2014 à 16 h 24 min

    J’aimerais comme vous soutenir que la violence n’est pas naturelle, c’est-à-dire qu’elle n’est pas innée, qu’elle n’est pas dans la nature de l’humain, mais hélas ! j’en suis incapable. Tout nous démontre dans la nature que la violence est innée à la classe des mammifères à laquelle nous appartenons et à laquelle nous ne pouvons pas échapper.

    Dans une troupe de loups, le mâle alpha exerce sa domination et sa violence sur tous ses congénères au point de tous les stériliser à son profit. Que dire du lion qui tue tous les petits d’une troupe de lionnes pour s’accoupler ? Le chevreuil et aussi l’étalon rameutent les femelles avant le rut. Ils les mordent, les frappent et les kiquent pour les empêcher de s’éloigner. Et que dire des phoques et des éléphants de mer qui se combattent constamment entre mâles et qui écrasent à mort des douzaines de petits durant leurs combats et leurs accouplements avec les femelles qu’ils se sont réservées.

    L’homme n’échappe pas aux lois des mammifères dont il est partie. Pour la possession d’une ou de plusieurs femelles de son espèce, plusieurs non seulement combattent tous les prétendants physiquement, mais vont jusqu’à exercer leur violence sur leur(s) femme(s) pour les garder sous domination, pouvoir les exploiter et en jouir à l’exclusion de tout autre mâle.

    Je constate que la domination et la violence sont innées dans la classe des mammifères à laquelle l’humain (hommet et femme) participent depuis toujours. Il serait donc plus réaliste de reconnaître ce fait incontestable plutôt que de le nier. Il faut continuer à accepter aussi que ces deux instincts primaires et sauvages doivent absolument être éduquées et civilisées dès l’enfance dans chaque personne de façon à ce que la vie en société dont nous avons aussi absolument besoin puisse se dérouler harmonieusement.

    Autrement, l’intelligence humaine pourrait ériger la domination et la violence en un système tellement perfectionné que nous pourrions en venir à un degré de barbarie et de perversion presque inimaginable au point de détruire la planète. Il existe maintemant plusieurs modèles actuels et passés de ces perversion autant sur des bases individuelles, locales, nationales et internationales.

    Continuez de combattre tout violence, domination et perversion sexuelles et autres. Continuez à renseigner et à éduquer tous ceux qui vous lisent sur les méfaits du sexisme, du machisme, de la violence et de la domination. Mais ne niez plus que ce sont des instincts primaires inhérents mais éduquables dans chaque être humain.

  • Commentaire de Christine Lemaire — 2 janvier 2014 à 7 h 39 min

    Merci beaucoup pour cet article. Il est important de se rappeler que nous avons tendance à accoler sur des personnes d’autres époques nos biais, nos préjugés et nos manières de voir. Or, nos ancêtres obéissaient souvent à d’autres motivations puisque leur représentation du monde était complètement différente de la nôtre.
    J’aime l’idée que l’accumulation serait à l’origine de la violence. Nous pourrions élargir le concept d’accumulation à celui de « croissance », ce qui ouvrirait la porte à des idées telles que la décroissance.
    Pour ma part, je nous souhaite d’arrêter de croître et je troque cette image envahissante (et donc violente) par l’image de l’épanouissement qui reste motivante, réjouissante et se concentre sur la santé (physique, émotive)au lieu du « toujours plus ».

  • Commentaire de France-Anne Blanchet — 1 janvier 2014 à 9 h 07 min

    Excellent billet! Cette mise en lumière historique est pour le moins réjouissante!
    En revanche, cette citation me laisse songeuse : « Chez lui, l’empathie, la coopération et le partage semblaient régner bien davantage que l’égoïsme et l’affrontement. » Le mode de vie en clan implique de facto une hiérarchisation des individus. Le chef doit prendre sa place et pour pouvoir la maintenir use peut-être de la force… Les membres du clan trop vieux pour suivre le groupe, que leur arrivaient-ils? La sexualité dans ce cadre hiérarchique était-elle consentante? Nous ne pouvons l’affirmer ni l’infirmé.

    Quand à la belle Vénus de Willendorf, je me souviens avoir lu des études qui émettaient un hypothèse toute autre. Des historiennes féministes ont déconstruit cette image de déesse de la fécondité forgée par des historiens masculins. En fait, personne ne s’était demandé si les artisans de ces statuettes étaient en fait des artisanes. En observant la forme de la silhouette, elles ont émis l’hypothèse que ces statuettes pouvaient être en fait un autoportrait de sa façonneuse. N’ayant pas de miroir pour observer leur forme, elle se regardait elle même ce qui faussait la perspective. Je trouve l’idée intéressante!

    Cela dit, il est vrai que notre monde manque de déesses depuis le Moyen-Âge! Vous en feriez une merveilleuse! 😉

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